Hypnothérapie, thérapie individuelle et atelier de groupe
Lundi - Vendredi 9h15 à 19h
Quand le passé ne passe pas… et que le corps s’en souvient
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est aujourd’hui reconnue comme l’une des approches les plus efficaces dans le traitement du psychotraumatisme. Recommandée par de nombreuses instances de santé à travers le monde, elle suscite un intérêt croissant, autant chez les professionnels que chez les personnes en quête de mieux-être.
Mais au-delà de sa reconnaissance scientifique, une question essentielle demeure :
Pourquoi faire de l’EMDR ?
Pour y répondre, il faut d’abord comprendre une réalité fondamentale du fonctionnement humain :
nous ne sommes pas uniquement faits de souvenirs… mais de souvenirs “digérés” ou non.
Quand une expérience reste “bloquée”
Dans une vie, chacun traverse des événements difficiles. La plupart du temps, notre cerveau est capable de les intégrer, de les classer, de les transformer en souvenirs “neutres”.
Mais parfois, ce processus naturel ne se fait pas.
Un choc, une peur intense, une situation de danger, d’impuissance ou de détresse émotionnelle peut saturer le système nerveux. L’événement ne se “range” pas correctement dans la mémoire. Il reste alors comme figé, actif, chargé émotionnellement.
Ce souvenir n’est pas vraiment dans le passé. Il continue d’agir… dans le présent.
Cela peut se traduire par :
Autrement dit, ce n’est pas l’événement en lui-même qui pose problème… mais le fait qu’il n’ait pas été traité par le cerveau.
L’EMDR : une approche qui agit au cœur du système nerveux
Contrairement à une approche uniquement basée sur la parole, l’EMDR agit directement sur les mécanismes émotionnels profonds.
Elle repose sur un principe simple mais puissant :
le cerveau possède une capacité naturelle d’auto-guérison.
Lorsque cette capacité est relancée, le souvenir traumatique peut être retraité, intégré, transformé.
Concrètement, pendant une séance d’EMDR :
Peu à peu, l’intensité émotionnelle diminue. Le souvenir change de statut.
Il devient… juste un souvenir.
Sortir du mode “survie”
Un des apports majeurs de l’EMDR est qu’elle permet de sortir du mode survie.
Lorsqu’un traumatisme n’est pas digéré, le système nerveux reste en alerte. Il fonctionne comme si le danger était toujours présent.
Cela peut entraîner :
Dans cet état, la personne ne vit plus vraiment… elle s’adapte, elle compense, elle tient.
L’EMDR permet de réinformer le cerveau :
“C’est terminé. Tu es en sécurité.”
Et cette information ne passe pas uniquement par la pensée.
Elle s’inscrit dans le corps, dans le système nerveux.
Une thérapie qui ne se limite pas aux “grands traumatismes”
On associe souvent l’EMDR à des événements majeurs : accidents, agressions, catastrophes.
Mais en réalité, elle est tout aussi pertinente pour des expériences plus diffuses, plus silencieuses :
Ces “petits traumatismes” peuvent s’accumuler et créer des schémas profonds :
L’EMDR permet alors de travailler à la racine de ces mécanismes, là où ils se sont installés.
Quand la parole ne suffit plus
Certaines personnes arrivent en thérapie avec une grande capacité d’analyse. Elles comprennent leurs schémas, leurs réactions, leur histoire.
Et pourtant… rien ne change vraiment.
Pourquoi ?
Parce que comprendre ne suffit pas toujours à transformer.
Les émotions, elles, ne se régulent pas uniquement par le langage. Elles passent par des circuits plus archaïques, plus profonds.
C’est là que l’EMDR devient particulièrement précieuse.
Elle permet de :
Autrement dit, elle ne cherche pas uniquement à expliquer… elle permet de réparer.
Une transformation durable
L’un des aspects les plus marquants de l’EMDR est la durabilité des changements.
Lorsque le souvenir est retraité :
La personne peut alors :
Ce n’est pas un “effet temporaire”.
C’est une transformation en profondeur du rapport à l’expérience.
Retrouver sa liberté intérieure
Faire de l’EMDR, c’est souvent retrouver une forme de liberté.
Avant le travail thérapeutique, certaines réactions semblent incontrôlables :
Après le retraitement :
Et cette liberté est essentielle.
Car elle permet de passer de :
“Je subis”
à
“Je décide”
Une approche respectueuse du rythme de chacun
Contrairement à certaines idées reçues, l’EMDR ne consiste pas à “revivre brutalement” les traumatismes.
Le travail se fait dans un cadre sécurisé, avec :
Le thérapeute veille à ce que l’expérience soit :
L’objectif n’est pas de replonger dans la souffrance, mais de permettre au cerveau de la transformer.
Le corps au cœur du processus
Un autre aspect fondamental de l’EMDR est sa prise en compte du corps.
Les traumatismes ne sont pas seulement des souvenirs.
Ils sont aussi inscrits dans les sensations :
Pendant le retraitement, ces sensations peuvent évoluer, se modifier, s’apaiser.
C’est un signe que le système nerveux est en train de faire son travail.
Ainsi, l’EMDR permet une intégration globale :
Une thérapie tournée vers l’avenir
Contrairement à une vision centrée uniquement sur le passé, l’EMDR intègre aussi une dimension future.
Une fois les expériences douloureuses retraitées, il devient possible de :
Par exemple :
L’EMDR ne se contente pas de “réparer”. Elle permet aussi de construire autrement.
Pour qui ?
L’EMDR peut s’adresser à un large public :
Elle est également utilisée dans :
Une approche qui redonne du sens
Au-delà de la diminution des symptômes, l’EMDR permet souvent une réorganisation plus profonde.
En retraitant certaines expériences, la personne peut :
Il ne s’agit pas d’effacer le passé, mais de ne plus en être prisonnier.
Pourquoi faire de l’EMDR ?
Alors, pourquoi faire de l’EMDR ?
Parce que parfois, malgré tous les efforts, quelque chose reste bloqué.
Parce que certaines blessures ne passent pas avec le temps.
Parce que comprendre ne suffit pas toujours à guérir.
Parce que le corps se souvient, même lorsque l’on voudrait oublier.
Faire de l’EMDR, c’est :
C’est un travail en profondeur,
mais aussi un travail de libération.
Une invitation à transformer plutôt qu’à subir
Et si ce que vous ressentez aujourd’hui n’était pas une fatalité ?
Et si vos réactions, vos peurs, vos blocages…
étaient en réalité des réponses adaptatives à des expériences passées non digérées ?
L’EMDR offre cette possibilité :
ne plus subir ce qui a été vécu
mais le transformer en une expérience intégrée, apaisée
Ce n’est pas oublier.
Ce n’est pas nier.
C’est… se libérer.
Patricia Léger